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François- Hilaire Waterlot en 1905, photographie. Collection privée, in Fusillé vivant, Odette Hardy-Hémery, Témoins-Gallimard, 2012. AdN BH 23727
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François Waterlot au milieu de ses camarades de combat et de mitrailleurs originaires d’Hénin-Liétard, 3 mai 1915, photographie. Collection privée, in Fusillé vivant, Odette Hardy-Hémery, Témoins-Gallimard, 2012. AdN BH 23727
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Désiré Hubert, s.d., photographie. Collection privée, éditée dans Fusillé vivant, Odette Hardy-Hémery, Témoins-Gallimard, 2012. AdN BH 23727
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Gaston Dufour, s.d., photographie. Collection privée, in Fusillé vivant, Odette Hardy-Hémery, Témoins-Gallimard, 2012. AdN BH 23727

Fusillés pour l’exemple

Après la défaite de Charleroi, les troupes françaises se replient dans le désordre. L’État-major craint une panique, qui provoquerait la défaite de l’armée française. Au début du mois de septembre, le général Joffre décide d’arrêter l’armée allemande sur la Marne.

C’est dans ces circonstances que le 6 septembre 1914 le 327e régiment d’infanterie est amené à creuser des trous de tirailleurs près Les Essarts-lès-Sézanne dans la Marne. Dans la nuit, les troupes subissent l’attaque d’un autocanon allemand. Il s’ensuit un sauve-qui-peut.

Le général Boutegourd, réveillé par la canonnade et par la cavalcade, croise un groupe de huit hommes, dont un réussit à s’éclipser. Les sept autres sont mis aux arrêts et fusillés le 7 septembre à 8 h 30 du matin.
A l’origine officier de troupes coloniales, général de brigade placé par les circonstances à la tête d’une division, le général Boutegourd montre une intransigeance inflexible. Malgré l’intervention de plusieurs officiers en faveur des soldats arrêtés, il maintient l’ordre d’exécution. Il veut certainement prouver par là sa capacité à commander, sérieusement remise en cause ensuite pendant la guerre.

Les sept hommes fusillés sont originaires du Nord et du Pas-de-Calais : Alfred Delsarte (Fresnes-sur-Escaut), Gaston Dufour (Rumegies, Maulde), Gabriel Caffiaux (Bermerain), Palmyre Clément (Château-L’Abbaye), Eugène Barbieux (Saint Amand), Désiré Hubert (Trith Saint Léger) et François Waterlot (Montigny-en-Gohelle). Par miracle, François Waterlot survit à l’exécution et reprend du service. Il est tué au front le 10 juin 1915.