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Cadeaux de Noël offerts aux soldats britanniques, Princess Mary’s gifts. AdN Europeana
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Le Kaiser Guillaume II, photographie distribuée comme cadeau de Noël aux soldats allemands, 1914. AdN 15 Fi 299
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« Britanniques et Allemands fêtèrent ensemble Noël », AdN La Croix du Nord, 24 décembre 1967. AdN J 1603 / 310
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Noël 1914 : quand « Tommies » et « Fritz » jouaient au football sur le front, Nord-Éclair, 25 décembre 1984. AdN J 615
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Un officier anglais et un officier allemand ont retrouvé le lieu où leurs soldats jouèrent au football à la fête de Noël 1914, AdN La Voix du Nord, 12 novembre 1968.

Les trêves de Noël

La guerre ne devait durer que quelques semaines. Tous les calculs des États-majors ont été déjoués. Les armées se sont enterrées et se font face le long du front. L’espoir d’une fin rapide existe encore parmi les armées. Malgré les atrocités et les morts, le diabolisation de l’ennemi et la haine de l’adversaire ne se sont pas encore installés.
Noël se prépare dans une atmosphère religieuse réveillée par la peur de la mort et l’éloignement des familles. De part et d’autre, les soldats reçoivent quelques cadeaux venus des chefs d’État : une photographie de Guillaume II pour les Allemands, un ensemble de présents pour les Britanniques, the Princess Mary’s gift. Des sapins de Noël ont été envoyés aux troupes allemandes pour solenniser l’évènement dans la tradition des pays germaniques. Guillaume II lui-même est présent à Douai, pour essayer de galvaniser les esprits « sur un sol hostile, la pointe de notre épée tournée contre l’ennemi ».
L’armée britannique et l’armée allemande se font face entre Ypres et le département de la Somme. Malgré quelques heurts dans les jours précédents, le calme s’installe le long du front dès le 24 décembre. Dans la nuit, les sapins installés par les Allemands s’illuminent, des chants de Noël montent des tranchées d’abord allemandes, puis britanniques. Le 25 décembre, en différents endroits du front, des soldats sortent des tranchées et des trêves sont conclues spontanément, pour enterrer les morts, puis pour échanger des cadeaux : cigares, chocolat… Au Ploegsteert, au sud d’Ypres, une partie de football s’organise. Entre Houplines et Frelinghien, les soldats partagent un fût de bière. Les trêves se poursuivent parfois entre Noël et Nouvel An. Les États-majors s’inquiètent d’une fraternisation possible.
Un grand nombre des hommes qui ont participé aux trêves sont morts dans des offensives meurtrières lancées dans le secteur.
Un an plus tard, en 1915, toutes les mesures sont prises pour éviter le retour des trêves de Noël : bombardements préventifs, pressions sur les officiers subalternes… Néanmoins, une trêve a bien lieu.
Les trêves demeurent dans les mémoires, comme le signe de l’inutilité de la guerre.


Le témoignage de Frank Richards à la B.B.C. sur le trève à Houplines :

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