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Un bilan humain
Le bilan démographique de la Grande Guerre dans le département du Nord est complexe à établir. 54 184 soldats nés dans le département sont morts. Près de 580 000 morts de 40 nationalités sont tombés dans les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, d’après le recensement effectué lors de la construction de l’anneau de la mémoire.
Il faut ensuite comptabiliser la surmortalité dans l’ensemble du département.
Les recensements permettent d’évaluer l’évolution de la population. L’arrondissement de Lille a perdu 79 100 habitants entre 1911 et 1921, soit 9,24 % de sa population ; le département, 173 900 habitants, soit 8,86 % de sa population. Les soldats représenteraient donc 31 % des pertes du département.
La baisse de la population peut être attribuée à la surmortalité civile, mais aussi au déficit des naissances et au déplacement de population. La surmortalité des civils dans le département du Nord peut être évaluée entre 8 000 et 10 000 personnes par an selon les années, soit environ 40 000 personnes pour l’ensemble de la guerre. Le déficit des naissances est plus important encore : de 40 000 en 1913, les naissances s’effondrent pendant toute la guerre autour de 10 000. Il faut attendre 1920 pour retrouver les niveaux d’avant-guerre. Au total, environ 125 000 naissances n’ont pas eu lieu.

D’après l’annuaire statistique régional, édition 1951, B.A. 8930
Les villes centres (comme Lille, Roubaix et Tourcoing) perdent de la population pendant la Première Guerre mondiale alors que les villes de banlieue (Lambersart, Haubourdin, Marcq-en-Baroeul) voient leur population se stabiliser, voire progresser. La tendance est continue de 1901 à 1946.
Évolution entre 1911 et 1921

D’après l’annuaire statistique régional, édition 1951, B.A. 8930