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L’occupation de la Ruhr
Dès l’armistice du 11 novembre 1918, l’occupation de la Sarre et de la rive gauche du Rhin est considérée comme une nécessité par les vainqueurs.
Elle commence dès le 20 novembre 1918. Confirmée par le traité de Versailles, la présence française en Allemagne culmine avec l’occupation de la Ruhr de janvier 1923 à août 1925.
Elle ne se termine qu’en 1935 avec le référendum d’autodétermination de la Sarre.
Dès octobre 1919, en Sarre, l’armée française tire sur des manifestants, faisant 8 morts civils. Un ouvrier pris avec une arme à la main est condamné à mort. Occupation française et occupation allemande utilisent les mêmes symboles : saluer le drapeau de l’occupant, descendre du trottoir pour laisser passer les militaires français, saluer les officiers. L’heure française s’impose.
La présence de troupes coloniales françaises, venues d’Afrique du Nord et d’Afrique sub-saharienne est vécue comme une humiliation supplémentaire et déclenche une campagne de presse dénonçant la "Honte noire".
L’occupation de la Ruhr est l’épisode le plus brutal de la confrontation entre Français et Allemands dans l’après-guerre. Elle est, selon l’historien Gerd Krumeich, « une sorte de répétition, d’écho déformé de ce que la Belgique et la France avaient vécu sous l’occupation allemande en 1914-1918 ». Elle s’accompagne de violences d’État : réquisitions, expulsions, condamnations, répression des grèves, … et de violences individuelles.
En Rhénanie et dans la Ruhr, 87 viols et 45 tentatives de viols sont perpétrés selon les sources allemandes ; 59 viols et 20 tentatives selon les sources françaises. Le nombre de victimes de l’occupation de la Ruhr s’élèvent à 154 victimes civiles et 112 blessés selon les sources allemandes ; 118 et 74 selon les sources françaises. Des milliers d’enfants sont évacués vers l’Allemagne non occupée.