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La reconstruction de Bailleul
La ville de Bailleul avant la guerre conservait quelques maisons flamandes, vestiges du XVème s. et un hôtel de ville avec beffroi de la même époque. L’aspect général de la cité était celui de beaucoup d’autres villes du département : maisons avec façades en front de rue et pignons perpendiculaires à la voirie, variété et hétéroclisme des matériaux utilisés, absence de réelle unité architecturale. Comme à La Bassée, le plan de reconstruction modernise les infrastructures : égouts, élargissement de certaines voies... Un vaste programme d’équipement public est lancé aboutissant à l’ouverture d’écoles, d’un collège, d’une caisse d’épargne, d’un bureau de poste et d’un musée. Louis-Marie Cordonnier est chargé de la reconstruction de la ville comme d’ailleurs de celles des villes de la vallée de la Lys. Il choisit le style néo-flamand qu’il impose à toute la cité. Les façades sont en brique rose ou ocrée et surmontées d’un pignon. Enseignes et plaques des rues sont aussi dessinées par l’architecte. L’hôtel de ville est, avec l’église St-Waast, le morceau de bravoure de Cordonnier. Il l’édifie plus haut et plus large que l’ancien, plus vrai que nature. Tel un décor de théâtre, la ville doit être le modèle, certes purement artificiel et imaginaire, mais conforme au nationalisme barrésien de son auteur.