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La reconstruction de Cambrai
Le projet de reconstruction et d’embellissement de Cambrai a été élaboré par une commission extra-communale composée d’architectes, d’ingénieurs, d’entrepreneurs, d’élus et d’artistes. L’architecte Leprince-Ringuet est chargé de coordonner les opérations mais pour certains travaux spécifiques, on peut avoir recours à d’autres architectes. Tout le centre-ville ayant été démoli et incendié, il est décidé de le remodeler : le pôle en est l’hôtel de ville auquel sont associés les autres services nécessaires à la vie urbaine - tribunal, chambre de commerce, poste, perception - situés sur une nouvelle place à l’arrière de la Grand-Place. L’activité commerciale est concentrée sur la Place d’Armes et dans les rues adjacentes. Pour éviter l’engorgement du centre-ville, un nouveau plan de circulation est élaboré selon deux grands axes nord-sud et est-ouest se croisant sur la Grand-Place. De nouvelles voies sont percées et les anciennes rues trop étroites sont élargies et rectifiées. On n’adopte pas un réseau en damier qui aurait bouleversé le tissu urbain mais on aménage des perspectives rectilignes, l’hôtel de ville et la gare sont dégagés (ouverture de l’avenue de la Victoire, du mail St-Martin) ; les nouveaux faubourgs issus du démantèlement des remparts, sont reliés entre eux et au cœur de la cité par des voies de ceinture et des ponts. Les maisons sont reconstruites sur place en réaménageant les styles antérieurs pour une plus grande beauté architecturale : l’hôtel de ville, selon le cahier des charges, doit être reconstruit dans le style XVIIIe siècle et les maisons de la Place d’Armes en style flamand. Cette reconstitution est l’occasion d’un assainissement urbain, ainsi les abattoirs sont rejetés à la périphérie et on envisage la construction d’une station d’épuration et d’une usine d’incinération des ordures ménagères. Cet urbanisme nécessite de nombreuses expropriations que seul l’Etat est habilité à mener à bien en rachetant les dommages de guerre. En 1922, une convention est signée entre le maire de Cambrai, M. Garin, et l’Etat (dite « loi Garin ») qui permet à la mairie de se substituer à l’Etat. Ces problèmes juridiques retardent la reconstruction cambrésienne qui ne démarre qu’en 1923 et s’achève en 1932 avec l’inauguration de l’hôtel de ville.